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La Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye a été le théâtre d’un procès glaçant, révélateur d’une violence urbaine qui aurait pu virer au drame irréversible. D’après le récit du quotidien L’Observateur, un homme de 38 ans, S. Diallo, comparait pour une agression au couteau contre une lycéenne, avec à la clé une peine potentielle de réclusion criminelle à perpétuité. Une attaque sauvage en plein petit matin Les faits remontent au 14 juin 2019, aux premières heures de la journée. M. Baldé, élève au Lycée Limamoulaye, se rend tranquillement en cours à pied lorsqu’elle croise la route de son agresseur. Armé d’un couteau, S. Diallo lui arrache son téléphone. Mais face à la résistance de la jeune fille, qui tente désespérément de récupérer son bien, la situation dégénère brutalement. L’homme passe à l’acte : deux coups de lame sont portés, atteignant la victime à la fesse. Gravement blessée et gisant dans son sang, la lycéenne ne doit son salut qu’à l’intervention courageuse d’un passant, qui poursuit l’agresseur, le maîtrise et récupère le téléphone avant de le livrer aux vigiles. Une victime marquée à vie Secourue par les sapeurs-pompiers, M. Baldé est transportée à l’hôpital de Thiaroye. Le certificat médical fait état d’une plaie de 2 cm, mais aussi d’un traumatisme psychologique profond. De son côté, l’agresseur est rapidement placé sous mandat de dépôt, avant d’être traduit devant la justice lors des Assises. Confessions partielles et passé troublant À la barre, S. Diallo reconnaît l’agression… mais tente de minimiser sa responsabilité. Il évoque une ivresse totale et affirme ne plus se souvenir des faits. Une ligne de défense fragile, qui peine à convaincre. Car, comme le souligne L’Observateur , le dossier d’instruction dresse un portrait bien plus inquiétant. Sa propre mère l’aurait décrit comme un individu violent, fréquentant des milieux douteux et habitué à des comportements délinquants. Un témoin va plus loin, le présentant comme un « habitué » des agressions, ciblant notamment des personnes jugées vulnérables. Concernant une autre affaire d’agression visant un certain M. Dramé, l’accusé nie catégoriquement, malgré des aveux antérieurs devant le juge d’instruction. Le parquet requiert la perpétuité Face à la gravité des faits, le ministère public n’a pas mâché ses mots. Pour le procureur, cette agression, bien que souvent banalisée dans certains contextes urbains, aurait pu coûter la vie à la victime. Rappelant que l’ivresse ne constitue en aucun cas une excuse juridique, il a requis la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité. Une défense qui plaide la réinsertion La défense, assurée par Me Faye, a tenté de nuancer ce portrait accablant. L’avocate évoque un « délinquant primaire » qui aurait évolué positivement après plusieurs années de détention préventive. Selon elle, son client aurait tiré des leçons de son incarcération et ne devrait pas être condamné à une exclusion sociale définitive. Verdict attendu Après six années passées en détention, S. Diallo sera fixé sur son sort le 12 juin prochain . www.dakaractu.com
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