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La plainte contre Charlie Hebdo pour la caricature sur Crans-Montana est classée sans suite
Le Temps

La plainte contre Charlie Hebdo pour la caricature sur Crans-Montana est classée sans suite

Les magistrats valaisans ont jugé que le dessin ne portait pas atteinte à la dignité humaine des victimes et ne remplissait pas les conditions d’une représentation de la violence La justice valaisanne a classé sans suite une plainte déposée contre Charlie Hebdo après la publication d’une caricature en lien avec l’incendie de Crans-Montana (VS). La dénonciation pénale visait le journal satirique français et l’auteur du dessin, Éric Salch. Le Ministère public valaisan a confirmé à Keystone-ATS une information de l’AFP. Dans leur ordonnance de non-entrée en matière datée du 17 avril et dont l’AFP a obtenu copie, les magistrats valaisans indiquent que si la caricature peut «être qualifiée de choquante», elle ne remplit pas pour autant les conditions d’une représentation de la violence. Lire aussi: Drame de Crans-Montana: quatre regards sur les dessins de «Charlie Hebdo» Début janvier, l’avocat sédunois Stéphane Riand et son épouse, l’autrice Béatrice Riand, avaient déposé une dénonciation pénale auprès de la procureure générale du canton, Béatrice Pilloud. Ils affirmaient que la caricature tombe sous l’article 135 du Code pénal, qui définit les formes de représentations de la violence, et qu’elle «portait atteinte à la dignité humaine des victimes». Un choc qui ne puisse devenir préjudiciable aux victimes «Le dessin du jour», publié le jour de la cérémonie nationale d’hommage aux victimes de l’incendie, croquait deux skieurs, accompagnés de l’inscription «Les brûlés font du ski» et, plus bas, «La comédie de l’année», en référence au film comique de 1979 «Les Bronzés font du ski». Selon le Ministère public, cette caricature est «stylisée», «pas réaliste», ne montre aucun acte de cruauté explicite ou de figuration de la souffrance et ne constitue pas «en tant que tel» une représentation de la violence. En outre, les magistrats ont considéré que, si le moment de sa publication a pu «choquer et offusquer», «le choc que cette caricature peut produire n’est pas suffisant en intensité pour qu’il en devienne préjudiciable au psychisme» des victimes et témoins du drame. «Il faut arrêter de vouloir interdire ce qui nous bouscule» «En Suisse, comme en France, et dans tout pays civilisé, un dessin ne peut être assimilé à une violence, et il faut cesser de prétendre le contraire», a réagi auprès de l’AFP l’avocat de Charlie Hebdo Richard Malka. «Un dessin peut choquer, être considéré comme étant de mauvais goût […] mais en tout état de cause, il faut arrêter de vouloir interdire, prohiber, censurer tout ce qui nous bouscule. Cela ne relève aucunement de la justice, mais de la conscience de chacun», a-t-il insisté. Stéphane Riand a de son côté «déploré» cette décision. «En ce qui nous concerne, nous persistons à dire que se moquer de victimes est en soi une violence. Faire de l’humour noir sur le dos d’enfants qui luttent pour leur survie n’honore pas Charlie Hebdo», a-t-il déclaré.

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