Le Temps
CHRONIQUE. Pour justifier sa volonté de souscrire de nouveaux accords avec l’Union européenne, le Conseil fédéral met en avant des avantages économiques. Une nouvelle étude contredit ce narratif Chaque ménage se comporte régulièrement comme un économiste sans le savoir. En se posant la question des coûts et bénéfices de nos actes, nous faisons des compromis pour maximiser les bienfaits issus de choses rares que sont notre temps ou nos revenus. Ce qui paraît rationnel à l’échelle du ménage s’applique presque toujours pour les groupes plus grands. Un pays démocratique essaie ainsi de trouver une solution qui convainc une majorité tout en étant positive pour le plus grand nombre. Lors des votations en Suisse, des arguments économiques sont souvent mobilisés pour justifier une position. Au moment de voter sur des semaines de vacances supplémentaires, la majorité a par exemple décliné l’offre alléchante car elle était couplée à trop de frais. La population est sensible à cette façon boutiquière de voir le monde. Elle sait que la pingrerie, même si elle est connotée négativement, est la base d’une gestion pérenne. Les politiciens en tiennent compte et tentent d’appuyer leurs idées sur des analyses qui rassurent le comptable national qui sommeille en nous. Le Conseil fédéral applique pareille logique au paquet d’accords avec l’Union européenne. Les Sept Sages savent bien que l’électeur moyen n’a que peu de sympathie naturelle pour la machine à réguler le bon sens qu’est devenue l’UE, mais qu’ils sauront le faire douter s’il comprend que ces accords apporteraient des bénéfices économiques. La fin justifie les désavantages institutionnels. Pour nous convaincre de cette froide lecture comptable, plusieurs études censées prouver les bienfaits économiques des accords furent commandées ces dernières années. Les résultats sont régulièrement cités par les partisans des accords. Parmi elles, une étude d’Ecoplan conclut qu’en cas de refus des accords et de résiliation des bilatérales I par l’UE, l’impact négatif sur le PIB atteindrait 4,9% en 2045. Ce scénario est improbable – l’UE envoie plus de travailleurs en Suisse qu’elle n’en reçoit et y exporte plus que nous dans l’autre sens – mais admettons-le et penchons-nous sur ce que disent réellement ces rapports. Voir plus
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