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Economie et politique: c’est le moment de s’entendre
Le Temps

Economie et politique: c’est le moment de s’entendre

ÉDITORIAL. S’ils votaient aujourd’hui, les Suisses accepteraient l’initiative UDC contre la Suisse à 10 millions, selon un sondage Tamedia. Un dossier capital pour les milieux économiques. S’ils veulent gagner cette bataille, il faudra œuvrer main dans la main avec le monde politique. Mais l’ambiance n’est pas au beau fixe Le monde économique suisse et celui de la politique parlent-ils encore le même langage? Ces derniers temps, il y a de la friture sur la ligne. Dernier exemple en date, la Lex UBS. Présentée la semaine dernière par le Conseil fédéral, elle a irrité non seulement les milieux bancaires, mais aussi les grandes faîtières économiques. Une réglementation jugée au mieux inopportune, au pire dangereuse. La pharma non plus n’est pas très à l’aise avec Berne en ce moment. Début avril, un représentant de l’Office fédéral de la santé publique est invité à s’exprimer face à des cadres de cette puissante industrie. Il les accuse de «manque de transparence», d'«alarmisme», et leur demande de «ne pas nous prendre pour des idiots» dans l’épineux dossier du prix des médicaments. Lire aussi: Sergio Ermotti, à propos du relèvement des fonds propres d’UBS: «Nous ne demandons rien d’exceptionnel» Et ce n’est pas mieux dans les cantons. A Genève, le patron de l’influente Fédération des Entreprises Romande (FER) s’en est pris au Conseil d’Etat de centre droit, déplorant un manque de soutien face aux risques sécuritaires liés au G7. Dans le canton de Vaud, l’initiative des associations économiques pour des baisses fiscales embarrasse le gouvernement de droite depuis des mois. Une incompréhension croissante Entre ces deux mondes, le fossé se creuse. L’économie dénonce une méconnaissance des enjeux et de l’environnement mouvant dans lequel les entreprises évoluent. Trop rigide, trop lente, trop bureaucratique: la politique ne serait là que pour leur mettre des bâtons dans les roues. Un milieu sans leadership et sans vision, ou le «Qui paie décide» n’est pas respecté. C’est oublier un peu vite que si l’économie suisse se porte aussi bien, c’est aussi grâce à cette stabilité politique, au niveau de formation et aux infrastructures financées par la Confédération et les cantons. A Berne, on concède que, dans un monde en perpétuelle crise, les responsabilités politiques et les objectifs économiques commencent en effet à diverger. Que les dossiers se complexifient, avec des règles du jeu qui changent en permanence. Ajoutez à cela que les grands patrons ont déserté depuis longtemps les bancs de l’Assemblée fédérale, ce qui n’aide pas. Lire aussi: Initiative «Pas de Suisse à 10 millions!»: quand la base PLR penche vers l’UDC Dans ce contexte, la votation sur la Suisse à 10 millions vient rappeler à tout ce beau monde qu’on ne peut pas avancer en ordre dispersé. Selon les sondages, les Suisses sont tentés par ce texte qui marquerait un temps d’arrêt dans l’exceptionnelle croissance helvétique. Ici, les intérêts économiques comme politiques convergent. L’occasion de se souvenir que la Suisse s’est construite sur un partenariat solide entre ces deux mondes. Des élus de tout bord sont en campagne depuis plusieurs semaines. On attend les grands patrons. Pour convaincre, il faut parler d’une même voix. Et pourquoi pas côte à côte.

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