Le Temps
Les tétras-lyres sont les premières victimes des collisions avec des câbles dans les Alpes françaises. L’étude de leur vision révèle qu’ils voient mal de loin et dans les rouges profonds. Il faudrait adapter les balises d’effarouchement pour améliorer leur détection Avec l’essor du tourisme hivernal en montagne et la construction des remontées mécaniques, le paysage alpin a changé en quelques décennies: des milliers de kilomètres de câbles traversent le ciel et courent le long des pentes, que ce soit entre les arbres ou au-dessus de la limite de la forêt. Ces filins métalliques ont rapidement constitué des obstacles mortels pour certains oiseaux, qui ont du mal à les éviter, surtout lorsque le brouillard et la pénombre les rendent moins visibles. Et ce, malgré la signalisation mise en place par les stations de ski pour détourner les oiseaux, avec la pose de balises rouges, par exemple. Selon une étude française publiée en 2013 , plus de 835 oiseaux sont morts dans les Alpes et les Pyrénées françaises à cause des câbles de remontées mécaniques sur la période 1997-2009. Les téléskis, plus proches du sol (et plus souvent fréquentés, ce qui augmente la probabilité de trouver des cadavres), apparaissent comme les plus meurtriers: ils concernent 78% des collisions fatales. Parmi toutes les espèces impliquées, le tétras-lyre ( Lyrurus tetrix) , ce gallinacé noir à la queue en panache qui survit l’hiver en se cachant dans un igloo creusé dans la neige, paie le plus lourd tribut. Une enquête menée en 2023 et 2024 dans les Alpes françaises par une association de protection des oiseaux, l’Observatoire des galliformes de montagne (OGM), a montré que 70% des oiseaux morts recensés depuis 1964 appartenaient à cette espèce. Les collisions constituent 20% des causes de décès chez les tétras-lyres, au même niveau que la chasse mais deux fois moins que les prédateurs. Voir plus
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