Le Temps
Longtemps déconsidéré, voire moqué pour la qualité de ses raisins, l’ubac valaisan gagne, au fil des années, ses lettres de noblesse. En raison de l’évolution climatique, ses faiblesses passées deviennent des avantages. Et ils sont nombreux. Reportage En Valais, il y aurait le bon et le mauvais versant. D’un côté, la rive droite du Rhône, exposée plein sud et qui profite d’un ensoleillement optimal 365 jours par année, et de l’autre, la rive gauche du fleuve, exposée au nord et qui, durant de longues semaines hivernales, doit se contenter d’observer le soleil éclairer l’adret. Le royaume de l’ombre est la cible de toutes les railleries et des rumeurs les plus macabres – le taux de suicide y serait plus élevé qu’ailleurs. En viticulture aussi, il a été moqué durant de nombreuses décennies. Les raisins qui y étaient produits ne pouvaient être que de piètre qualité. Et les vins qui étaient issus de cette zone située entre la Dranse et la Navizence – comprenez entre Martigny et Sierre – étaient dévalorisés. Mais le temps a passé et le climat a évolué. Au point d’offrir une revanche à la rive gauche. Sur les hauts de Saxon, les vignes n’ont pas encore débourré en cette fin mars. La météo est changeante et la bise qui souffle offre à ce retour de froid des touches hivernales. Depuis l’an 2000, le domaine Passaquay cultive des vignes sur le territoire de la commune, capitale de l’abricot. Le reste de son vignoble se situe dans le Chablais, au-dessus de Monthey. L’entier de l’hectare et demi de vignes est ainsi implanté en rive gauche. Et cela n’a pas toujours été facile. «Même des membres de ma propre famille n’hésitaient pas à faire des remarques désobligeantes», se remémore Dominique Seingre Passaquay, la responsable du domaine. «Jusque dans le courant des années 1990, il était ancré dans la tête des gens que la rive gauche n’était pas faite pour la vigne. Le vin, en Valais, c’était uniquement en rive droite», indique-t-elle. Voir plus
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