Le Temps
Les Neuchâtelois inscriront peut-être le droit des aînés dans leur Constitution le 14 juin. La gauche souhaite leur accorder davantage de reconnaissance, tandis qu’une partie de la droite et le Conseil d’Etat estiment que ce n’est pas la bonne manière de répondre à des questions légitimes La population neuchâteloise vieillit plus rapidement que dans d’autres régions de Suisse, et la place des seniors dans la société s’invite dans le débat politique. Les citoyens se prononceront le 14 juin sur l’introduction d’un nouvel article dans la Constitution, qui prévoit que «l’Etat et les communes veillent à favoriser la participation, l’autonomie, la qualité de vie et le respect de la personnalité des aînés et des aînées». Les groupes VertPOP et socialiste ont porté le projet devant le Grand Conseil, qui en a débattu en début d’année. Le Conseil d’Etat proposait son rejet. «Nous comprenons les intentions et les préoccupations d’une meilleure reconnaissance des aînés, […] mais la Constitution n’est pas le bon lieu», avait déclaré sa présidente, Crystel Graf (PLR), devant le plénum. Elle regrettait aussi l’utilisation du terme «aîné», jugé très peu précis: «L’interprétation de la disposition sera d’autant plus difficile.» Les députés ont finalement adopté le décret par 58 oui contre 38 non et 4 abstentions. L’UDC l’a rejeté en bloc, tandis que le PLR, les Vert’libéraux et Le Centre se sont montrés plus partagés. Les critiques concernaient là aussi davantage la forme que le fond, l’objectif de défendre une meilleure reconnaissance des aînés étant largement partagé. «Cette proposition risque de multiplier les catégories identitaires dans un texte fondamental, ce qui pourrait fragiliser son unité et sa neutralité», faisait valoir l’agrarien Frédéric Schlosser. Le Vert’libéral Mauro Moruzzi relevait quant à lui que si la Constitution mentionne certaines populations spécifiques – enfants, personnes en situation de handicap et étrangers – c’est «parce qu’elles ne disposent pas ou que partiellement de droits civiques et ne peuvent pas voter sur leur condition. Ce n’est manifestement pas le cas de nos personnes âgées, et bien heureusement!» Voir plus
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