Dakaractu
Le bras de fer entre la Société africaine de raffinage et Touba Oil prend une tournure explosive. Entre accusations croisées, bataille foncière et investissements de plusieurs milliards de francs CFA, l’affaire du projet de sea-line gazier de Mbao est désormais au cœur d’un affrontement judiciaire aux lourdes conséquences économiques. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, les deux parties seront départagées le 12 mai prochain devant le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar. Derrière ce contentieux se cache un projet présenté comme stratégique pour l’approvisionnement du Sénégal en gaz butane. Depuis plusieurs années, Touba Oil développe un ambitieux programme de terminal maritime et de sea-line gazier destiné à relier le Port de Dakar à son dépôt situé dans la zone industrielle de Mbao. L’objectif affiché : moderniser la logistique du secteur gazier et renforcer les capacités nationales de stockage et d’acheminement. Mais ce chantier, évalué à plusieurs milliards de francs CFA, s’est brutalement retrouvé bloqué après une offensive judiciaire de la Sar. La société publique a obtenu la suspension des travaux en invoquant une occupation irrégulière de son foncier. Une décision qui a déclenché une confrontation ouverte entre deux poids lourds du secteur énergétique sénégalais. Selon L’Observateur, Touba Oil considère cette suspension comme un coup dur susceptible de compromettre l’ensemble du projet ainsi que les investissements déjà engagés. La société a alors décidé de contre-attaquer en saisissant la gendarmerie de la Zone franche industrielle. Dans sa plainte, Touba Oil dénonce une obstruction de servitude de passage, des voies de fait, des menaces ainsi que du chantage. La société estime que plusieurs dispositions du Code du domaine de l’État ainsi que du Code pénal auraient été violées dans cette affaire. Au-delà de l’aspect judiciaire, cette bataille soulève également une question sensible : celle de la place accordée aux investisseurs privés nationaux dans les grands projets stratégiques. Des investisseurs impliqués dans le projet s’interrogent ouvertement sur les conséquences de cette procédure pour le climat des affaires. « Comment peut-on bloquer un financement de plusieurs milliards de francs CFA porté par un privé national, alors que le projet aura un impact direct sur les populations avec une réduction du prix du gaz butane ? », s’interrogent-ils dans les colonnes de L’Observateur. Le projet défendu par Touba Oil ambitionne pourtant de changer d’échelle dans le secteur gazier sénégalais. Selon la société, le futur terminal maritime permettrait d’accueillir des butaniers de 10 000 à 20 000 tonnes, contre seulement 4 000 tonnes actuellement. Une évolution majeure qui pourrait générer d’importantes économies logistiques et réduire les coûts d’approvisionnement du marché national. Touba Oil insiste également sur le fait que ce projet est entièrement financé sur fonds privés, sans soutien financier de l’État sénégalais. Un argument mis en avant pour démontrer la portée économique du chantier et son potentiel impact sur le prix de la bonbonne de gaz pour les ménages. Malgré plusieurs tentatives de médiation, aucun terrain d’entente n’a été trouvé entre les deux parties. Désormais, tous les regards se tournent vers l’audience du 12 mai . www.dakaractu.com
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