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Une nuit de Laylatoul khadr vire au drame judiciaire : 20 ans requis contre un élève accusé de viol et de séquestration pendant 24H | Collector
Une nuit de Laylatoul khadr vire au drame judiciaire : 20 ans requis contre un élève accusé de viol et de séquestration pendant 24H
Dakaractu

Une nuit de Laylatoul khadr vire au drame judiciaire : 20 ans requis contre un élève accusé de viol et de séquestration pendant 24H

Le procès de M. Camara, élève en électromécanique âgé de 22 ans, a replongé la Chambre criminelle de Pikine-Guédiawaye dans une affaire aussi sensible que bouleversante. Accusé de viol, de séquestration et de détournement de mineure sur une adolescente de 16 ans au moment des faits, le jeune homme encourt une lourde peine. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, le procureur a requis vingt ans de réclusion criminelle contre l’accusé, estimant que les faits reprochés sont d’une extrême gravité. L’affaire remonte à avril 2023, en plein mois de Ramadan, dans le quartier Keur Massar. Ce soir-là, A. Diaw, alors âgée de 16 ans, quitte le domicile familial sous prétexte de participer à des prières de “Nafila” avec une cousine. Mais la jeune fille ne se rendra jamais à la mosquée. Selon le dossier évoqué par L’Observateur, elle se dirige vers l’appartement de M. Camara, situé au premier étage d’une villa voisine dans le quartier MTOA. Trois ans après les faits, les deux protagonistes se sont retrouvés face à face devant la justice. Dans le box des accusés, M. Camara a tenté de défendre sa version des événements. Élève au lycée Seydina Limamoulaye, il soutient qu’il s’agissait d’une relation consentie née d’un “coup de foudre”. Pour appuyer ses déclarations, il a produit des captures d’écran de messages WhatsApp censés démontrer, selon lui, l’existence d’une relation amoureuse. « Elle m’a déclaré sa flamme, c’est elle qui a demandé à venir », a affirmé l’accusé devant la barre. Selon lui, la jeune fille serait restée volontairement dans son appartement durant vingt-quatre heures. Il est même allé jusqu’à soutenir qu’elle avait parfumé la chambre avec de l’encens après leurs rapports intimes. Mais le récit livré par la victime est radicalement différent. Aujourd’hui âgée de 19 ans, A. Diaw a décrit devant la cour une nuit de terreur et de séquestration. D’une voix marquée par l’émotion, elle a raconté avoir été piégée par l’accusé lors de la nuit du “Laylatoul khadr”. Selon ses déclarations rapportées par L’Observateur, M. Camara l’aurait invitée à entrer dans son appartement alors qu’il faisait ses ablutions avant de verrouiller portes et fenêtres. « Il m’a forcée, il m’a déshabillée », a-t-elle déclaré devant la cour. La jeune femme affirme avoir passé près de vingt-quatre heures enfermée dans l’appartement, criant sans succès pour obtenir de l’aide. Elle raconte également que son téléphone avait été éteint et qu’elle était laissée seule pendant que l’accusé sortait dîner. L’audience a atteint son moment le plus poignant lorsque la mère de la victime a pris la parole. Les larmes dans la voix, elle a raconté les longues heures de recherche menées par la famille dans les terrains vagues de Keur Massar après la disparition de sa fille. Selon son témoignage, la famille, désespérée, avait même consulté des voyants à Yeumbeul dans l’espoir de retrouver l’adolescente. Après quarante-huit heures d’angoisse, A. Diaw finit par réapparaître. Sa mère décrit une jeune fille profondément marquée, le djellaba déchiré et le traumatisme visible. Face aux juges, elle a lancé une phrase qui a glacé la salle : « Qu’il rende à ma fille sa virginité. » Pour le ministère public, les éléments du dossier ne laissent aucune place au doute. Le procureur s’est appuyé sur le certificat médical ainsi que sur la minorité de la victime au moment des faits pour requérir vingt ans de réclusion criminelle. « Le consentement d’une mineure n’existe pas. Le fait de l’enfermer pendant 24H caractérise la séquestration », a martelé le représentant du parquet, selon L’Observateur. La défense, assurée par Mes Diallo et Thioye, a tenté de déconstruire l’accusation de viol et de séquestration. Les avocats ont plaidé l’acquittement sur ces chefs, évoquant l’absence de blessures physiques et les échanges de messages entre les deux jeunes. Pour eux, il s’agirait davantage d’« une délinquance juvénile » et d’« un amour prématuré qui a mal tourné ». Les conseils de l’accusé ont toutefois reconnu le délit de détournement de mineure, tout en demandant une application clémente de la loi. En attendant le verdict fixé au 2 juin prochain, M. Camara a été reconduit en prison, où il poursuivra sa détention. www.dakaractu.com

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