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Dissolution de la Cei : Des partis de l’opposition réclament une réforme électorale consensuelle
Fraternité Matin

Dissolution de la Cei : Des partis de l’opposition réclament une réforme électorale consensuelle

Des partis et personnalités de l’opposition ivoirienne ont salué la décision du Conseil des ministres du 6 mai 2026 portant dissolution de la Commission électorale indépendante (Cei), tout en appelant à une refonte profonde du cadre électoral en Côte d’Ivoire.La déclaration a notamment été signée par des représentants du Mgc, du Cojep, de l’Urd, d’Objectif République et d’Icon, avec parmi les signataires Simone Ehivet Gbagbo, Martial Yavo, Paul-Hervé Agoubli et Ahoua Don Mello.Dans une déclaration conjointe signée le 8 mai 2026, à Abidjan, les signataires estiment que cette décision, attendue depuis plusieurs années, marque un tournant institutionnel majeur. Selon eux, elle traduit enfin la reconnaissance par le gouvernement du « caractère contesté, partisan et déséquilibré » de l’ancienne structure électorale, accusée d’avoir compromis la crédibilité du processus démocratique lors de plusieurs scrutins.Les partis de l’opposition regrettent toutefois que cette dissolution n’intervienne qu’après l’élection présidentielle de 2025. À leurs yeux, une réforme anticipée aurait permis de garantir des élections « apaisées, transparentes et équitables ». Ils estiment que ce retard a nourri un climat de défiance et de suspicion à l’égard des institutions en charge du suffrage universel.Dans leur déclaration, les signataires insistent sur la nécessité de mettre en place un nouvel organe électoral totalement indépendant. Ils demandent qu’il soit affranchi de toute tutelle ministérielle, notamment de celle du ministère de l’Intérieur, ainsi que de toute influence des partis politiques, qu’ils appartiennent à l’opposition ou au pouvoir.Au-delà de la dissolution, l’opposition plaide pour une réforme légale et consensuelle. Elle estime qu’une simple ordonnance ne saurait suffire. Le gouvernement est ainsi invité à soumettre au Parlement une loi organique définissant la création, la composition, le fonctionnement et les garanties d’indépendance du futur organe électoral.Les signataires recommandent notamment l’inscription du statut de l’institution électorale dans la Constitution, l’adoption d’une loi organique spécifique, la définition d’un mandat clair assorti d’une autonomie financière et fonctionnelle, ainsi qu’un mécanisme de désignation transparent fondé sur la compétence, l’intégrité et l’impartialité. Ils réclament également davantage de transparence et de reddition des comptes à travers des mécanismes de contrôle public et des audits périodiques.Pour l’opposition, seuls la mise en place d’une commission électorale véritablement indépendante, un redécoupage électoral équitable et une révision transparente de la liste électorale permettront d’ouvrir une nouvelle page de la vie politique nationale.Soucieuses d’apparaître comme une force de proposition, plusieurs formations et personnalités politiques annoncent déjà la mise en place d’un comité de réflexion chargé d’élaborer un modèle alternatif de gestion des élections. Ce projet, indiquent-elles, sera soumis officiellement aux autorités dans les prochains jours.L’opposition affirme vouloir maintenir ouverte la concertation avec toutes les sensibilités politiques et forces vives du pays, convaincue que c’est à ce prix que la Côte d’Ivoire pourra retrouver durablement la confiance, la paix et une démocratie crédible.

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