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Ingérence étrangère dans le processus électoral : L’Oidh présente son rapport sur la Côte d’Ivoire
Fraternité Matin

Ingérence étrangère dans le processus électoral : L’Oidh présente son rapport sur la Côte d’Ivoire

L’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (Oidh), en collaboration avec International Idea, a officiellement présenté, le mercredi 13 mai 2026, à Abidjan-Angré, son rapport sur « l’analyse de la manipulation et de l’ingérence menées depuis l’étranger (Fimi) en Côte d’Ivoire » aux parties prenantes.Cette étude, financée par Affaires mondiales Canada (Amc), vise à sensibiliser les autorités ivoiriennes et la société civile au phénomène du Fimi électoral et, surtout, à formuler des propositions en vue d’endiguer ce phénomène.En effet, pays phare de la sous-région ouest-africaine, la Côte d’Ivoire apparaît comme une cible stratégique en raison de son poids politique et économique, de sa relative stabilité institutionnelle et de son positionnement diplomatique.Ce rapport met en évidence, entre autres, la défiance à l’égard des institutions, particulièrement des organes en charge des élections, qui constitue un catalyseur. Ainsi, les crises électorales de 2000, 2010, 2015, 2020 et 2025 ont sapé la confiance publique et créé un terreau fertile pour les acteurs de la manipulation de l’information et de l’ingérence étrangère.La société ivoirienne demeure traversée par des lignes de fracture identitaires, partisanes et morales, amplifiées par les réseaux sociaux où circulent des discours de haine, de fausses informations et des contenus manipulés, notamment autour de sujets tels que la nationalité, la justice, la réconciliation ou l’orientation sexuelle, ainsi que par la présence de relais idéologiques locaux.Bien qu’aucune preuve directe ne confirme une coordination officielle entre des acteurs ivoiriens et des puissances étrangères, une convergence discursive existe. Cette proximité idéologique facilite l’enracinement des récits géopolitiques venus de l’extérieur.Pour atténuer ces effets, plusieurs recommandations ont été formulées.Aux pouvoirs publics ivoiriens, il est recommandé d’inscrire durablement la lutte contre la manipulation de l’information et les ingérences étrangères parmi les priorités de sécurité nationale ; de garantir la solidité des institutions démocratiques à travers des réformes structurelles ; et d’intégrer formellement l’éducation aux médias, à l’information et au numérique dans les curricula de formation initiale et continue, du primaire à l’enseignement supérieur.Les institutions en charge des élections doivent renforcer les dispositifs de communication électorale en privilégiant des messages clairs, réguliers et pédagogiques diffusés sur les plateformes numériques les plus utilisées par la population ; anticiper les narratifs de contestation électorale en identifiant les vulnérabilités récurrentes du processus électoral et en y apportant des réponses en amont du scrutin.Les organes de régulation doivent développer des mécanismes de coopération régionale et internationale afin de mieux appréhender les flux informationnels transfrontaliers et les ingérences menées depuis l’extérieur. Ils doivent également privilégier une approche équilibrée combinant régulation, pédagogie et dialogue afin de préserver la liberté d’expression tout en limitant les abus informationnels.Le conseiller politique à l’ambassade du Canada en Côte d’Ivoire, Yves Duval, a indiqué que l’ingérence étrangère menace la démocratie. Pour lui, le financement de cette étude par Affaires mondiales Canada témoigne de l’importance qu’accorde le Canada à la préservation de la démocratie dans le monde.« Le fait que la Côte d’Ivoire fasse partie des pays que nous avons choisis témoigne également de l’importance que nous accordons à la Côte d’Ivoire comme partenaire pour défendre la démocratie », a-t-il déclaré.Pour Brice Nioulé, représentant le président de l’Oidh, Éric Aimé Semien, en dépit des efforts importants sans cesse consentis par l’État de Côte d’Ivoire en matière d’assainissement de l’espace numérique, le pays présente des vulnérabilités structurelles, institutionnelles, médiatiques, sociales et numériques qui en font une cible délibérée d’opérations de manipulation de l’information, comme l’ont illustré les campagnes coordonnées et documentées lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025.« C’est ensemble que nous pouvons construire une réponse cohérente, coordonnée et durable », a-t-il fait observer.Associé aux programmes chez International Idea, Sebastian Becker indique que le phénomène du Fimi doit être abordé à travers une approche holistique impliquant les différents acteurs concernés. « Une approche sociétale est essentielle pour construire une démocratie résiliente en Côte d’Ivoire », a déclaré Sebastian Becker.Pour Yannick Anaky, chargé du programme et de l’information à l’Oidh, le Fimi représente le paroxysme de la désinformation. Selon lui, les acteurs impliqués proviennent généralement de l’espace Aes, qui cible particulièrement la Côte d’Ivoire, mais aussi de puissances étrangères et de réseaux locaux participant à ces actions coordonnées.À l’en croire, la Côte d’Ivoire présente plusieurs vulnérabilités qu’elle peut corriger.

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