Le Temps
EDITORIAL. Devant le sentiment de suffocation de la population, les autorités locales bottent en touche. C’est dans ce vide que s’engouffrent les solutions radicales, comme l’initiative de l’UDC A Nyon, comme dans de nombreuses localités de l’Arc lémanique, le quotidien ne se vit plus, il se calcule. Il se calcule à la seconde près pour espérer une place debout dans un train, à l’année près pour obtenir une inscription en club de foot, et au franc près pour un studio dont le loyer défie la raison. Ce que décrit Béatrice Jotterand, enfant du pays devenue étrangère sur ses propres terres, n’est pas une crise passagère. C’est le visage d’une Suisse qui «craque», non pas par manque de moyens, mais par excès de succès non régulé. Face à ce constat de saturation physique, le discours des autorités semble frappé d’un étrange fatalisme. Lorsqu’une élue municipale invoque les «impératifs supérieurs» de la loi sur l’aménagement du territoire, ou des «exigences cantonales» pour justifier une densification subie, elle fait de la gestion de flux. Ce langage technocratique, s’il a la rigueur de la statistique, a surtout le goût amer de l’impuissance. En déléguant le destin du territoire à des mécanismes de croissance jugés inéluctables, les partis gouvernementaux créent un vide politique abyssal. Voir plus
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