Fraternité Matin
La Côte d’Ivoire s’affirme désormais comme une référence africaine en matière de gouvernance des entreprises publiques. Réunis à Abidjan le 19 mai, des responsables des structures de gestion du portefeuille public des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), des experts internationaux et des partenaires techniques ont fait le même constat : les performances enregistrées par les entreprises publiques ivoiriennes constituent un modèle à observer et à adapter.Organisée avec l’appui de la Banque mondiale, cette rencontre stratégique rassemble les représentants des six pays de la Cemac — Cameroun, Congo, Gabon, République centrafricaine, Tchad et Guinée équatoriale — ainsi que des délégués de Djibouti, venus s’imprégner de l’expérience ivoirienne en matière de suivi des entreprises publiques.À l’ouverture des travaux, la directrice de la Banque mondiale pour la région Afrique de l’ouest et centrale (Côte d’Ivoire, Bénin, Guinée et Togo), Marie-Chantal Uwanyiligira, a salué une initiative qui marque une étape importante dans le renforcement de la gouvernance publique en Afrique francophone. « Vous avez eu raison de venir à Abidjan », a-t-elle lancé, soulignant le rôle crucial des entreprises publiques dans les économies africaines. « Les entreprises publiques jouent un rôle déterminant dans la vie de nos populations.Elles assurent des services essentiels tels que l’électricité, l’eau, les transports ou encore les télécommunications. Leur bonne gouvernance est donc un enjeu majeur de développement, de stabilité économique et de confiance publique », a-t-elle déclaré. À l'en croire, les entreprises publiques demeurent confrontées à des défis majeurs, notamment en matière de viabilité financière, d’efficacité opérationnelle et de gouvernance. C’est pour répondre à ces défis que la Banque mondiale accompagne, depuis plusieurs années, les États membres de la Cemac dans l’amélioration des mécanismes de pilotage et de contrôle.Elle a révélé qu’un rapport stratégique intitulé "Renforcer la gouvernance des entreprises publiques dans les pays de la Cemac" a été validé en 2022, avant l’élaboration, en 2023, d’un guide pratique sur le suivi de la performance économique et financière des entreprises publiques. « Notre ambition est d’aider les États à bâtir des entreprises publiques plus transparentes, plus performantes et davantage créatrices de valeur pour les citoyens », a-t-elle conclu.L’un des moments forts de la rencontre a été la reconnaissance explicite du modèle ivoirien de gestion du portefeuille public. Marie-Chantal Uwanyiligira n’a pas caché son admiration pour les avancées réalisées par la Côte d’Ivoire.« La qualité du dispositif ivoirien de suivi des entreprises publiques et les progrès réalisés en matière de gouvernance constituent une source d’inspiration pour plusieurs pays de la sous-région », a-t-elle affirmé, estimant que le partage d’expérience avec Abidjan représente une opportunité stratégique pour accélérer les réformes au sein de la Cemac.Même tonalité du côté du commissaire chargé des politiques économiques, monétaires et financières de la Cemac, Beyeme-Nguema Nicolas, qui a salué la disponibilité des autorités ivoiriennes à partager leur expertise. « La qualité et la modernité du processus de suivi des entreprises publiques en Côte d’Ivoire ont particulièrement retenu l’attention des participants », a-t-il relevé. Il a rappelé que les interventions de la direction générale du portefeuille de l’État ivoirien lors de précédentes rencontres avaient convaincu les États membres d’approfondir ce partenariat technique avec Abidjan. Selon lui, les entreprises publiques restent confrontées à des défis structurels importants.« Elles fournissent des services essentiels comme l’électricité, l’eau ou les télécommunications, mais demeurent confrontées à des inefficacités opérationnelles, à des fragilités financières et à des cadres de gouvernance parfois inadaptés », a-t-il averti.La ministre Mariatou Koné, quant à elle, a rappelé le rôle central des entreprises publiques dans les secteurs stratégiques de l’économie.« L’amélioration de leur gouvernance, de leur transparence et de leur performance constitue aujourd’hui un impératif majeur pour nos économies », a-t-elle soutenu. Elle a précisé que les réformes engagées en Côte d’Ivoire ont permis de renforcer les mécanismes de gouvernance et le suivi des performances économiques et financières des entreprises publiques. Attribuant ces résultats à la volonté politique impulsée par le Président Ouattara, elle a défendu une dynamique de coopération Sud-Sud. « C’est avec fierté que nous partageons l’expérience ivoirienne et nous sommes également heureux d’enrichir nos pratiques avec l’expérience des autres », a-t-elle affirmé.Et d’ajouter : « L’Afrique a besoin d’institutions publiques fortes, efficaces et exemplaires. Elle a besoin d’entreprises publiques capables d’accompagner durablement la transformation structurelle de nos économies ».Pour le directeur général du Portefeuille de l’État de Côte d’Ivoire, Bamba Seydou, la rencontre constitue une étape décisive vers une harmonisation régionale des mécanismes de suivi des entreprises publiques. Il a expliqué que les travaux permettront notamment de présenter un projet de directive communautaire sur l’harmonisation du suivi de la performance économique et financière des entreprises publiques, de partager les bonnes pratiques ivoiriennes à travers l’expérience de la Direction générale du portefeuille de l’État (Dgpe), mais aussi de recueillir les observations des États membres. « Nous devons également explorer ensemble des mécanismes de mesure de l’impact développemental des entreprises publiques au service de nos populations », a insisté Bamba Seydou.
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