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Au Geneva Open, Stan Wawrinka tombe comme il a vécu: en luttant jusqu’au bout | Collector
Au Geneva Open, Stan Wawrinka tombe comme il a vécu: en luttant jusqu’au bout
Le Temps

Au Geneva Open, Stan Wawrinka tombe comme il a vécu: en luttant jusqu’au bout

Le Vaudois a été éliminé au deuxième tour du tournoi par l’Américain Alex Michelsen en deux sets (7-6 7-6). A 41 ans, Wawrinka ne rejouera plus aux Eaux-Vives. Combatif sur le court, il aura ensuite lutté contre les larmes La balle arrive dans sa zone préférée, en fond de court sur son côté revers. La situation est critique, mais pas désespérée: à deux points de la défaite, Stan Wawrinka peut encore sortir l’un de ces passing foudroyants qui ont fait sa réputation, et son palmarès, sur tous les courts du monde. Deux points plus tôt, à un spectateur qui lui lançait: «Allez Stan, c’est maintenant ou jamais!», il s’était retourné et avait rétorqué d’un air goguenard: «C’est clair…», avant de servir un ace. Son revers frappe la balle, le geste est délié, naturel, comme toujours. Mais ici, sur le petit central du Geneva Open, le coup est mal ajusté. La balle sort. Sur le point suivant, un service gagnant d’Alex Michelsen pousse Stan Wawrinka hors du tournoi (7-6 7-6), et un peu plus vers la retraite. Vainqueur assez nettement (7-1 et 7-4) de deux tie-breaks qui ont chaque fois ponctué deux sets serrés, où le Suisse a toujours réussi le break en premier avant de se faire rejoindre sur le jeu suivant, obtenant même une balle de set à 6-5 dans la première manche, Michelsen n’en rajoute pas. Un peu à cause de la fatigue – le match a duré une heure quarante-cinq sous un chaud soleil –, mais surtout par respect pour son adversaire, vers qui tous les regards se tournent. C’est Marc Rosset qui, le premier, prend la parole. «J’aurais aimé que ce moment n’arrive jamais. Je suis heureux que Magnus Norman [l’entraîneur de Wawrinka] soit là, et je regrette que Pierre Paganini [son préparateur physique] ne le soit pas. Tu vas nous manquer. Tu nous as donné un titre olympique, une Coupe Davis et trois titres du Grand Chelem arrachés à Nadal et Djokovic. Tu as fait des efforts que peu de joueurs, sinon aucun, ont fait.» Lire aussi: Stan Wawrinka fait durer le plaisir et le suspense: il rejouera mercredi au Geneva Open «Je remercie le tournoi de m’avoir donné l’opportunité de revenir ici, déclare Stan Wawrinka, après avoir repris ses esprits et le micro. C’était important pour moi de jouer une dernière fois ce tournoi, j’y ai disputé les premières éditions, gagné deux fois. Genève est aussi pour moi la ville de Marc Rosset et de la Coupe Davis, les deux m’ont fait rêver enfant et donné envie de jouer au tennis.» En août 2004, le Vaudois remportait sur les courts du TC Drizia-Miremont le tournoi, alors dans la catégorie Challenger. Une semaine plus tard, à Aliso Viejo, Californie, son adversaire naissait… Stan Wawrinka remercie ensuite le public, «la raison pour laquelle [il est] encore là à 41 ans. J’aurais voulu faire mieux aujourd’hui, pour vous remercier de m’avoir tant aidé, mais je suis heureux d’avoir pu démontrer une dernière fois que l’important est de tout donner. J’espère inspirer des jeunes, comme je l’ai été moi-même.» Soucieux de ne pas aller trop loin dans l’émotion, et animé de ce petit recul qu’il garde constamment en toutes circonstances sur lui-même, Stan Wawrinka conclut: «C’est fini pour moi ici, mais l’année n’est pas terminée, même si j’ai l’impression qu’elle sera très longue…» Sentiment de déjà-vu Le Vaudois prendra jeudi la route de Paris, où il participera le soir même à une soirée d’adieux organisée par et pour son ami Gaël Monfils. A partir de dimanche, il disputera son dernier Roland-Garros, tournoi qu’il a remporté en 2015 et où il a atteint la finale en 2017. On le verra ensuite à Gstaad en juillet et aux Swiss Indoors de Bâle en octobre. Avec un peu plus de constance ou de réussite sur certains points, l’histoire aurait pu durer un peu plus encore à Genève. Soutenu d’emblée par un public nombreux et enthousiaste, il a longtemps fait jeu égal avec Alex Michelsen, 42e mondial. Vu du haut de la tribune, le visage caché sous une casquette, l’Américain figura d’abord un Jannik Sinner du pauvre, longiligne et puissant mais pataud et prodigue en fautes directes. Au fil des jeux cependant, il se révéla solide au service mais aussi dans les rallyes, qu’il remporta pour la plupart. Lire aussi: A Genève, Stan Wawrinka entame sa «tournée d’adieux» des tournois suisses Il y eut bien quelques points où l’on pourrait reprocher à Wawrinka de ne pas avoir assez osé, mais il a suffisamment expliqué combien, l’âge venant, les images se bousculaient dans sa tête au moment où la balle apparaissait dans sa tête de raquette. Trop de sensations de déjà-vu pour un joueur qui laissera le sentiment d’avoir été unique.

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