Le Temps
Compréhension orale, écrite et mathématiques: les élèves de 4e HarmoS ont été évalués sur leurs compétences fondamentales. Des différences cantonales sont à relever. Mais pour la CDIP, ces résultats montrent que le système scolaire des 26 cantons est en voie d’harmonisation La majorité des élèves de 4e HarmoS atteignent les objectifs fixés dans les compétences fondamentales. C’est la bonne nouvelle de la conférence de presse de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) sur le rapport 2024 sur l’atteinte des compétences fondamentales (COFO). Ce dernier était attendu. Celui de 2023 avait révélé d’importantes lacunes en orthographe parmi les écoliers romands: seuls 41% des élèves de 11e atteignaient les objectifs. Cette nouvelle enquête, réalisée auprès de 20 000 élèves âgés de 7 à 8 ans, démontre que les compétences sont le plus souvent atteintes en compréhension orale de la langue de scolarisation (le français, l’allemand ou l’italien): en moyenne, 87% des élèves de 4e HarmoS les maîtrisent. Les cantons germanophones obtiennent de bons résultats, dont cinq se situent au-dessus de la moyenne nationale, avec Obwald en tête (95% des élèves). À l’inverse, deux cantons romands ferment le classement: Neuchâtel (81%) et Genève (80%). Les compétences en compréhension écrite sont plus faiblement acquises: 79% des élèves les détiennent. Les élèves des cantons d’Uri et des Grisons affichent des résultats supérieurs à la moyenne, tandis que la partie francophone du canton de Berne (70%) et Bâle-Ville (73%) se situent en dessous. Le niveau en mathématique est moins bon L’écart se creuse en mathématiques: seuls 76% des élèves atteignent les objectifs. Les Grisons et le Jura se distinguent avec 88%, suivis d’Appenzell Rhodes-Intérieures (85%) et du canton de Vaud (82%), tandis que Lucerne ferme la marche avec 68%. «Les résultats montrent que, dans certains cantons, entre un cinquième et plus d’un quart des élèves ne les maîtrise pas encore, commente Carl Denecker, du Service genevois de la recherche en éducation. Cela signifie qu’ils entrent dans le deuxième cycle de l’école obligatoire avec des retards d’apprentissage». Sur ce sujet: Niveau en baisse: Genève demande aux enseignants de renforcer le travail sur l’orthographe Le rapport a aussi examiné l’influence des caractéristiques individuelles sur l’apprentissage, comme le genre, l’origine sociale, la langue parlée à la maison ainsi que le statut migratoire. «Il existe une forte corrélation entre l’origine sociale et l’atteinte des compétences fondamentales dans tous les domaines évalués. La langue parlée à la maison est elle aussi importante», a poursuivi Carl Denecker. Par exemple, en mathématiques, 90% des élèves sans facteurs défavorables atteignent les compétences fondamentales. C’est le cas pour seulement 51% des élèves qui cumulent plusieurs désavantages. Le système scolaire suisse sur la voie de l’harmonisation Il s’agit de la première évaluation des objectifs éducatifs en 4e HarmoS. Impossible donc d’en tirer des comparaisons. Mais trois ans après le COFO 2023, qu’en est-il des lacunes en orthographe? Le président de la CDIP, le Valaisan Christophe Darbellay, répond: «Nous travaillons sur cette faiblesse. Ce qui est important, c’est de mettre le doigt où cela fait mal, et de prendre des mesures ciblées afin d’améliorer le système.» Lire aussi: Rentrée scolaire: «On demande une multitude de compétences aux élèves. Il va falloir faire des choix» Selon lui les «bons» résultats du COFO 2024 «témoignent du processus d’harmonisation» des programmes scolaires. «Nous avions un damier (de système scolaire ndlr), avec une vingtaine de systèmes différents. Aujourd’hui, vingt ans après la votation sur l’harmonisation de l’école, nous avons réussi […] le résultat ne peut que nous satisfaire», se réjouit Christophe Darbellay. Vives critiques envers la Confédération Le ministre cantonal du Centre a profité de la conférence de presse pour dire tout le mal qu’il pense du plan d’allègement budgétaire du Conseil fédéral et de la réduction des budgets pour la formation et l’innovation. Il a mis en garde contre le projet «Désenchevêtrement» qui doit redéfinir la répartition des tâches entre les cantons et la Confédération. «Nous ne sommes pas prêts à avaler une nouvelle couleuvre», a-t-il prévenu, craignant pour le financement des hautes écoles, des universités et de la formation professionnelle. Le Valaisan a aussi regretté que des partis politiques «crédibles et sérieux» fassent de la démagogie autour du débat sur l’apprentissage des langues, qui a profondément divisé la Suisse l’année passée. Lire aussi: «A Zurich, le contact avec le français est quasi inexistant dans la vie quotidienne des enfants»
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