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La Coupe de Suisse a trouvé en Saint-Gall un vainqueur rationnel
Le Temps

La Coupe de Suisse a trouvé en Saint-Gall un vainqueur rationnel

Victorieux 3-0, les Brodeurs ont balayé les rêves d’exploit de Stade-Lausanne-Ouchy, dimanche à Berne. Un sacre logique. Il aurait pu y avoir une vague de déçus, mais ce dimanche de Pentecôte n’aura drainé qu’une poignée de contrariés, plutôt frustrés par le déroulement d’un match que par son résultat. Ceux-là, on les trouvera du côté de Stade-Lausanne-Ouchy (SLO), qui n’a pas échoué bien loin de l’exploit ultime, dimanche à Berne. La Coupe de Suisse revient au FC Saint-Gall, vainqueur 3-0, cinquante-sept ans après sa dernière victoire dans cette compétition, et c’est sans doute le sens de l’histoire. Celui qui fait en tout cas le plus d’heureux. Aussi, cette finale a eu la bonne idée de ramener sa dose de rationalité dans un football helvétique qui n’en avait pas beaucoup eu cette saison, marquée par le titre de champion remporté par le FC Thoune. Dauphin des Oberlandais en Super League, Saint-Gall est sacré dans l’autre compétition, celle qu’il n’avait gagnée qu’une seule fois, en 1969. Et c’est une issue profondément logique, à considérer le fait que SLO, 4e de Challenge League cette année, n’est qu’un club minuscule à l’échelle du football national. Notre suivi en continu: Revivez notre direct – A Berne, Saint-Gall a brisé le rêve de victoire historique de Stade Lausanne-Ouchy en finale de la Coupe de Suisse La formation du sud lausannois n’attire habituellement que quelques centaines de sympathisants à la Pontaise. Elle a donc accompli une certaine performance en faisant adhérer environ 8000 Vaudois à sa cause, le temps de cette finale. Cela a eu le mérite d’atténuer l’onde verte qui a déferlé sur le Wankdorf. Même si, à l’oreille, il fallait bien constater que le virage saint-gallois avait son lot bien plus complet d’habitués des refrains de tribune. Deux tournants, un seul perdant Sans en avoir forcément besoin, le public venu de la Suisse orientale a aussi été régulièrement harangué par ses joueurs, le capitaine Lukas Görtler en tête. Ce fut notamment le cas à la 44e minute, sur ce qui aurait pu être le tournant d’un match que les Brodeurs maîtrisaient totalement. Sur une imprécision à la relance, son habituel gardien remplaçant Lukas Watkowiak – mais titulaire en Coupe – accrochait en dernier recours Vasco Tritten, qui partait au but. Légitime, l’expulsion condamnait Saint-Gall à jouer une mi-temps à 10 contre 11, une situation qui devait être assez éloignée de son plan initial, bien déroulé jusque-là. Le carton rouge au gardien du FC Saint-Gall, Lukas Watkowiak, qui aurait pu être un tournant de cette finale, le 24 mai 2026 au Wankdorf de Berne. — © JEAN-CHRISTOPHE BOTT / KEYSTONE Il y a d’ailleurs lieu de penser que dans l’esprit de Watkowiak, il valait mieux conserver l’avantage acquis, même à un joueur de moins, plutôt que de rester à onze, mais avec un score de 1-1. Parce qu’elle était rodée à être une équipe athlétique, pour qui les duels, les petits coups bas et les phases arrêtées sont de bons moyens de faire déjouer son adversaire, la formation dirigée par l’Allemand Enrico Maassen avait jusque-là délivré une leçon de maturité à des Lausannois très naïfs, qu’il ne fallait pas laisser espérer. Lire aussi: Exploit de Stade-Lausanne-Ouchy, qui élimine Grasshopper et disputera la finale de la Coupe de Suisse «Il y avait un peu de tension, de pression», a d’ailleurs reconnu l’entraîneur stadiste Dalibor Stevanovic. En guise de symbole, l’ouverture du score de Tom Gaal était tombée dans la continuité d’un coup franc lointain envoyé «dans la boîte», après moins de huit minutes de jeu. La déception des joueurs du Stade-Lausanne-Ouchy, au Wankdorf, le 24 mai 2026. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott) — © JEAN-CHRISTOPHE BOTT / KEYSTONE Et probablement parce qu’il n’avait pas d’autre intention que la victoire, Saint-Gall n’a été qu’occasionnellement bouleversé par son infériorité numérique, ce qui rend intelligente la maladresse de Watkowiak. Jusqu’à doubler la mise à l’heure de jeu, sur un penalty décelé par la VAR (faute de Malula, la «clé du match», selon Dalibor Stevanovic) et transformé par le «Fussballgott» (Dieu du football) – c’est ainsi que ses supporters le désignent – Lukas Görtler. Puis de terminer le travail par Christian Witzig dans le temps additionnel. Le succès de Matthias Hüppi Un scénario rationnellement prévisible, donc, qui a permis à Lukas Görtler de monter en première ligne au balcon du Wankdorf et de soulever ce trophée mythique derrière lequel il courait lui aussi. Figure de ce club, il était déjà sur le terrain en 2021 et en 2022, lorsque Saint-Gall avait échoué deux fois en finale de cette même Coupe de Suisse, battu par Lucerne, puis Lugano. Il fallait mesurer la douleur laissée par cette plaie ouverte. Le président Matthias Hüppi, cet ancien présentateur vedette de la SRF , a chaque été rabâché que la Coupe était un objectif majeur pour le club. «C’est la compétition où on peut gagner quelque chose en tant qu’ underdog , il a fallu se battre, mais nous y sommes arrivés», souriait-il dans les travées du Wankdorf deux heures après le match. Lire aussi: «J’ai beaucoup joué à «Football Manager»: Hiraç Yagan, un regard affûté au service de Stade Lausanne-Ouchy «Enfin», aurait-il pu ajouter. Intronisé en 2018, Matthias Hüppi avait formé un triumvirat iconique avec l’ancien international Alain Sutter au poste de directeur sportif et l’entraîneur Peter Zeidler. Populaire, performant, mais jamais titré, le trio avait volé en éclats il y a deux ans, avec les évictions (plus ou moins déguisées en séparations à l’amiable) d’Alain Sutter puis de Peter Zeidler. Roger Stilz, un homme de la région, a d’abord succédé au premier, avant qu’Enrico Maassen (passé par la Bundesliga) passe après le second. Bonne nouvelle pour le FC Sion Des choix forts, que ce sacre rend légitimes. Derrière Thoune, Saint-Gall était la deuxième équipe la plus performante de Suisse cette année, en pratiquant un jeu aussi intense que basique, pour ne pas dire rudimentaire. Ils pourront très bien essayer de le répliquer en Europa League (au 2e tour de qualification), où la victoire en Coupe les propulse. Lire aussi: Le FC Thoune champion de Suisse de football, le bon sens près de chez nous Une «promotion» qui profite d’ailleurs au FC Sion: les Valaisans sont les autres gagnants de cette finale, puisqu’ils vont ainsi retrouver la Coupe d’Europe au mois de juillet. Pour eux, ce sera la Conference League (également au 2e tour qualificatif), comme pour Lugano. Thoune, quant à lui, se débattra dans les tours préliminaires de la Ligue des champions. Pour ces quatre-là, une épopée, quelle qu’elle soit, est un rêve. Irrationnel?

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