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Avec CFF Immobilier, une opportunité à saisir pour créer des logements dans les centres urbains
Le Temps

Avec CFF Immobilier, une opportunité à saisir pour créer des logements dans les centres urbains

ÉDITORIAL. L’entreprise publique érige des quartiers partout dans le pays et promet de créer davantage de logements, y compris à loyers modérés. Cet engagement n’est cependant pas chiffré et dépend aussi du mandat que lui confie le Conseil fédéral pour «subventionner» le rail Cinq francs et 80 centimes. C’est le prix d’une eau minérale, de 0,5 litre, proposée dans une enseigne de la gare Cornavin, à Genève. C’est plus cher que le pack de six vendu en ligne par Coop. On s’en étonne. Compatissant, l’employé hausse les épaules et nous rapporte un gobelet rempli au robinet. Un tel tarif comporte plusieurs explications. L’une d’elles: les CFF ont pour mission de maximiser les profits en louant, parfois très cher, des arcades dans les gares. Lire aussi: Les CFF, ce géant de l’immobilier qui façonne les villes suisses Rien de bien grave, puisque le consommateur peut tout à fait anticiper en achetant de quoi se désaltérer ailleurs. Ce, d’autant que cette logique répond à un mandat fixe du Conseil fédéral: la division immobilière de l’entreprise publique doit, chaque année, dégager un bénéfice suffisant afin de renflouer sa caisse de pension – au moins 60 millions de francs – et injecter un minimum de 150 millions de francs pour financer l’infrastructure ferroviaire. Autrement dit, les loyers perçus subventionnent les usagers du train. Une responsabilité importante Mais cette course à la rentabilité touche aussi à un élément sur lequel les Suisses sont privés d’alternatives: leur logement. Ayant hérité de la Confédération – c’est-à-dire des citoyens – un parc foncier équivalent à la taille de la ville de Zurich, CFF Immobilier développe des quartiers entiers, à Genève, à Bâle ou à Morges. Ces terrains, souvent des friches inutilisées proches des gares, valent leur pesant d’or. Ils s’inscrivent dans une stratégie nationale limpide, à savoir densifier en ville, près des axes de mobilité, afin d’éviter le mitage du territoire, d’épargner la zone agricole. L’ancienne régie publique occupe ainsi une position centrale pour dessiner le futur d’un pays qui, simultanément, questionne sa croissance, avec une initiative comme celle soumise au vote le 14 juin, sur la Suisse à 10 millions d’habitants. Dès lors, la responsabilité démocratique des CFF est importante. Après quelques erreurs de jeunesse, comme à Zurich où ils ont bâti à Europaallee, sur une immense surface, un tout petit nombre de logements fort coûteux, des leçons ont été tirées. Depuis quatre ans, l’ambition est de créer davantage de logements, dont la moitié à loyers modérés, par exemple des coopératives. Cette promesse que les CFF s’abstiennent de chiffrer concrètement doit être tenue. Cela en raison de la pénurie qui frappe toute la population, mais avant tout celle qui peine à trouver un bien sur le marché. L’opportunité doit être saisie, ce qui suppose que le Conseil fédéral en tienne compte dans le mandat confié au géant du rail. Lire aussi: A Zurich, là où l’empire immobilier des CFF est le plus visible

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