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En vidéo – Temu et Shein: la fin des livraisons gratuites en Suisse avec une taxe sur les petits colis?
Le Temps

En vidéo – Temu et Shein: la fin des livraisons gratuites en Suisse avec une taxe sur les petits colis?

Entre l’explosion des ventes sur Temu et Shein, la fin programmée de l’exemption douanière et les frais administratifs de La Poste, le coût de vos achats en ligne pourrait bientôt flamber. Le parlement suisse s’attaque aux géants de l’e-commerce chinois en votant une nouvelle taxe sur les petits colis Plus 20 francs sur toutes vos commandes Shein ou Temu? Une motion visant à taxer les petits colis en provenance des plateformes d’e-commerce asiatiques a été acceptée le 1er juin par le parlement suisse. Une décision politique qui s’inscrit dans le sillage de la France, où une telle taxe est entrée en vigueur au printemps, et de l’Union européenne qui prendra le relais à partir du 1er juillet. Concrètement, les frais de port, aujourd’hui gratuits, de votre t-shirt à 4 francs pourraient passer à un montant compris entre 2 et 5 francs. A cela viendraient s’ajouter la TVA mais surtout les frais forfaitaires de dédouanement de La Poste, qui peuvent facilement atteindre 16 francs par envoi. Actuellement, les paquets d’une valeur générant moins de 5 francs de TVA (soit environ 62 francs d’achats) en sont exemptés. Mais cette exonération vit sans doute ses dernières heures. Une concurrence jugée déloyale Près de 500 000 paquets arrivent chaque jour en Suisse, selon une étude menée par le cabinet Carpathia en 2024 et reprise dans le texte parlementaire. Des colis très majoritairement expédiés depuis la Chine. Souvent envoyés à des tarifs extrêmement bas, ils échappent à des contrôles douaniers systématiques. A l’étranger, la pression réglementaire monte: Shein vient notamment d’écoper de deux amendes totalisant 22 millions d’euros en France pour des manquements liés à la protection des consommateurs. La faîtière Swiss Retail dénonce une concurrence déloyale, soulignant que les acteurs locaux font face à des coûts logistiques bien supérieurs et doivent respecter des normes de qualité strictes. Cela peut paraître paradoxal mais expédier un produit à l’intérieur des frontières helvétiques coûte souvent plus cher que de le faire venir de l’autre bout du monde. Souvent pointée du doigt pour ses tarifs, La Poste se défend. Lire également: Face à Shein et Temu, les commerçants suisses s’impatientent En tant que prestataire universel, le géant jaune rappelle qu’il fixe ses prix selon la loi, de manière strictement non discriminatoire. Tout client déposant d’importants volumes dans un centre de tri, qu’il soit suisse ou étranger, bénéficie du même tarif de gros. Le risque de devenir une zone de transit? De son côté, l’Union européenne a déjà pris les devants. Une taxe forfaitaire de 3 euros sur chaque marchandise de faible valeur entrant dans l’UE s’appliquera dès le 1er juillet. Toutefois, cette mesure vise uniquement les colis expédiés directement aux particuliers. L’entreprise Shein a déjà anticipé ce durcissement en ouvrant un gigantesque centre logistique de type business to business en Pologne. Tous ses colis transiteront par ce hub de Wrocław avant de rejoindre les consommateurs européens, lui permettant de contourner habilement la nouvelle taxe. Si la Suisse tarde à légiférer, elle risque fort de se transformer en zone de transit pour ces plateformes de fast-fashion, selon Swiss Retail. L’administration fédérale doit désormais élaborer un projet de loi concret, qui sera soumis aux partis politiques, aux cantons et aux milieux économiques. Conséquence du calendrier institutionnel suisse: aucune entrée en vigueur ne peut être espérée avant 2028. Si le bouleversement du commerce de détail avait déjà commencé dans les années 2010 avec l’arrivée de Zalando et ses livraisons gratuites, l’irruption de Temu change de dimension. Lancée sur le marché helvétique en 2023, l’application chinoise aurait franchi le cap symbolique du milliard de francs de chiffre d’affaires en Suisse en 2025. Une progression fulgurante de 40% en un an selon les analyses du cabinet Carpathia, que Berne tente de contrôler.

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