Fraternité Matin
Le Rassemblement pour la Paix, le Progrès et le Partage (Rpp) entend peser dans le débat sur la réforme du système électoral ivoirien. Réuni en séminaire national, le 6 juin 2026, à son siège de Cocody-Riviera, le parti a formulé onze résolutions majeures destinées à jeter les bases d’un nouvel organe électoral après la dissolution de la Commission électorale indépendante (Cei). Face aux controverses récurrentes autour des processus électoraux en Côte d’Ivoire, le président du parti, le Professeur Tiémoko Doumbia, estime que le pays se trouve à un tournant décisif. Pour les participants au séminaire, cette période représente une opportunité historique de reconstruire un système électoral capable de restaurer durablement la confiance entre les institutions, les acteurs politiques et les citoyens. Au cœur des recommandations figure la création d’un organe électoral véritablement indépendant, inclusif, crédible et professionnel, chargé de garantir la transparence des scrutins ainsi que l’expression sincère de la volonté populaire.**media[282862]**Selon le Rpp, les insuffisances observées dans le fonctionnement de l’ancienne Cei( notamment les critiques liées à son indépendance, à sa composition et à son équilibre institutionnel ) rendent indispensable une réforme profonde. Le parti propose ainsi une architecture institutionnelle reposant sur onze membres issus de différentes composantes de la société ivoirienne. Cette configuration ferait la part belle aux personnalités indépendantes, avec quatre sièges réservés aux juristes et universitaires. Deux représentants seraient issus de la société civile spécialisée, deux autres des secteurs public et privé, tandis que les confessions religieuses disposeraient de deux sièges. La Chambre des rois et chefs traditionnels bénéficierait, quant à elle, d’un représentant.Le Rpp insiste également sur les garanties d’indépendance du futur organe. Le parti recommande un mode de désignation transparent, des incompatibilités strictes avec toute activité politique partisane, une autonomie administrative et financière renforcée ainsi qu’une protection juridique des membres dans l’exercice de leurs fonctions. Des mécanismes permanents d’audit et de contrôle sont également proposés pour assurer davantage de transparence.Par ailleurs, les futurs membres devraient répondre à des critères rigoureux d’intégrité. Le parti préconise notamment l’exclusion de toute personne ayant exercé un mandat électif ou occupé des fonctions dirigeantes au sein d’un parti politique au cours des cinq années précédant sa nomination. Une déclaration de patrimoine ainsi qu’un contrôle de l’origine des biens avant, pendant et après mandat figurent également parmi les recommandations. Au-delà de la réforme institutionnelle, le RPP plaide pour l’ouverture d’un dialogue politique national inclusif associant gouvernement, partis politiques, société civile et confessions religieuses afin de parvenir à un consensus durable sur les réformes électorales. En filigrane, le parti réaffirme sa conviction : des élections crédibles demeurent la condition essentielle de la paix, de la stabilité institutionnelle et de la consolidation démocratique en Côte d’Ivoire.
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