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Oui à la réforme du service civil, mais l’armée devra mériter les renforts qu’on lui envoie | Collector
Oui à la réforme du service civil, mais l’armée devra mériter les renforts qu’on lui envoie
Le Temps

Oui à la réforme du service civil, mais l’armée devra mériter les renforts qu’on lui envoie

ÉDITORIAL. La réforme du service civil partage la Suisse en deux. Opposants et partisans à ce durcissement des conditions d’accès proposé par le Conseil fédéral sont au coude-à-coude. Une réforme pourtant nécessaire, mais qui oblige l’armée Le service civil connaît un franc succès. Tellement qu’il attire un public auquel il ne se destinait pas. A l’origine, c’était l’alternative pour éviter la prison à ceux qui n’envisageaient pas de porter une arme. Les objecteurs de conscience ne finissaient plus «au trou». Mieux, ils remplissaient un engagement au service de la population. A l’époque, pas question d’un libre choix entre les deux. L’armée, c’était l’obligation; le service civil, l’exception. Au fil des années, ce principe s’est perdu. Le pouvoir d’attraction du service civil a fortement augmenté, notamment chez ceux qui, une fois l’école de recrues terminée, ne se voyaient plus en gris-vert. Et on peut le comprendre. La vie en caserne est contraignante: horaires imposés et à rallonge, hiérarchie stricte et vie en collectivité. C’est assurément moins confortable que l’alternative civiliste, avec retour à la maison le soir et, pour ceux qui se débrouillent bien, un stage utile pour leur carrière future. Lire aussi: Civilistes: auxiliaires indispensables ou profiteurs du système? Le Conseil fédéral a voulu corriger le tir. Revenir à l’idée d’origine. Et ramener un peu d’égalité de traitement dans le système. Nous votons donc le 14 juin sur une série de mesures destinées à rendre ce service civil moins accessible, notamment pour les soldats fraîchement formés. Lire aussi: Les opposants à la réforme du service civil fustigent un projet «néfaste pour la Suisse» L’enjeu réel: les effectifs de l’armée Mais le véritable enjeu est ailleurs. Il s’agit surtout de freiner l’hémorragie des effectifs de l’armée. Ceux qui préfèrent la plonge des EMS ou les locaux des ONG aux dortoirs des casernes manquent à l’armée suisse. Avec la détérioration de la situation sécuritaire en Europe, cette désertion des volontaires est préoccupante; ce sont autant de forces qui manqueront à la Suisse en cas de conflit, quelle que soit sa forme. La défense du pays repose sur l’idée d’une responsabilité assumée par les citoyens-soldats; ils accomplissent leurs obligations militaires, puis retournent à la vie civile, en restant mobilisables. Ce système ne va pas changer de sitôt; il faut donc lui donner les moyens d’exister. Soyons clairs, s’il faut accepter cette (mini-)réforme, il ne s’agit pas de donner un blanc-seing à l’armée. Les anecdotes de soldats qui perdent leur temps en cours de répétition sont légion. Trop de temps morts, des exercices considérés comme vains, un manque de matériel… L’armée et ses cadres doivent redonner du sens à tout cela. Et préparer à la menace mieux qu’elle ne le fait. Le service civil, perçu comme une contribution importante à la société, est très apprécié des Suisses; l’armée doit être capable de se positionner ainsi. Un oui le 14 juin est nécessaire, mais l’armée devra prouver qu’elle mérite les renforts qu’on lui envoie. A écouter: Podcast – Quelle défense pour la Suisse? Et à quel prix?

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