Dakaractu
Le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a organisé un atelier de partage et de validation du projet de décret sur les explosifs à usage civil dans le secteur minier, en vue de recueillir les observations des différentes parties prenantes. C’est dans ce cadre qu’Aminata Seck Ndao, Directrice de la Stratégie et de la Réglementation au sein du ministère, a présenté les contours et les enjeux de cette révision réglementaire attendue de longue date. Le texte en vigueur date de 1989. Près de quatre décennies après son adoption, il apparaît largement dépassé au regard des mutations profondes qu’a connues le secteur extractif sénégalais, marqué notamment par l’arrivée de nombreuses sociétés minières et carrières. Par ailleurs, les questions sécuritaires ont considérablement évolué, avec la menace terroriste qui pèse sur la sous-région et la porosité des frontières nationales. Les explosifs, classés parmi les substances dangereuses de première catégorie, appellent désormais un encadrement bien plus rigoureux en matière de stockage, de traçabilité et de distances de sécurité. Autant de lacunes que le texte de 1989 ne permettait plus de combler. Le processus de révision avait été engagé avant même l’arrivée de l’actuel ministre Birame Souleye Diop. Mais c’est sous son impulsion que les travaux ont été accélérés et conduits à leur stade actuel. Le nouveau projet de décret introduit plusieurs innovations majeures, notamment sur les conditions de dépôt et de stockage des substances explosives, leur traçabilité tout au long de la chaîne de valeur, ainsi que les distances réglementaires à respecter entre les sites de stockage et les zones habitées. Une problématique aujourd’hui réelle dans certaines carrières où la proximité avec les habitations est jugée préoccupante. L’atelier a réuni plusieurs parties prenantes, au-delà des seules sociétés minières. Les gouverneurs ont été associés pour représenter les communautés locales, de même que les directions régionales des mines de Thiès, Kédougou et Tambacounda territoires où transitent l’essentiel des explosifs..Une démarche inclusive qui, selon le ministère, traduit sa volonté de produire un texte ancré dans les réalités du terrain. Les prochaines étapes consisteront à recueillir les observations des ministères clés, notamment ceux des Forces armées, de l’Intérieur et de l’Environnement. Un second atelier est d’ores et déjà prévu le 7 avril. Mais avant cela, le projet de décret a été élargi aux activités d’aval dans le secteur des hydrocarbures, une extension que le ministre appelle de ses vœux. Mais en attendant l’adoption du nouveau texte, le décret de 1989, bien qu’en partie obsolète, demeure la référence juridique applicable. www.dakaractu.com
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