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La Maison d’arrêt et de correction de Mbour a été le théâtre d’une scène d’une extrême brutalité, révélatrice des tensions qui règnent en milieu carcéral. Un différend autour d’un téléphone portable et de stupéfiants a dégénéré en une agression sanglante, frôlant le drame. D’après les informations du quotidien L’Observateur, les faits remontent à la semaine dernière, dans la chambre 14 de l’établissement pénitentiaire, où deux codétenus, A. Ndao et B. Diouf, partageaient un espace déjà marqué par la promiscuité et les tensions quotidiennes. Une dispute sur fond de vol présumé Tout commence lorsque A. Ndao constate la disparition de ses effets personnels : son téléphone portable et onze cornets de chanvre indien, communément appelé « yamba ». Soupçonnant ses compagnons de cellule, il entreprend des fouilles et affirme retrouver son téléphone dans les affaires de B. Diouf. La découverte déclenche immédiatement une violente altercation. Les deux hommes en viennent aux mains, sous le regard des autres détenus, contraints d’intervenir pour éviter le pire. Une vengeance préméditée en pleine nuit Si le calme semble revenir après l’incident, A. Ndao ne digère pas l’affront. Dans la nuit, vers 3h45 du matin, il passe à l’acte. Selon L’Observateur, il se lève discrètement, muni d’un morceau de carreau cassé qu’il aurait préparé à l’avance, transformé en arme tranchante. Il s’approche de B. Diouf, endormi, et lui lacère violemment la mâchoire gauche. Réveillée dans un bain de sang, la victime alerte les autres détenus par ses cris. Une scène d’horreur qui pousse ses codétenus à le transporter en urgence à l’infirmerie de la prison. Une blessure grave et une ITT de 15 jours Pris en charge rapidement, B. Diouf reçoit les premiers soins. La gravité de sa blessure entraînera une incapacité temporaire de travail (ITT) de quinze jours. Quant à A. Ndao, il est immédiatement extrait de la cellule et remis aux enquêteurs du commissariat central de Mbour pour coups et blessures volontaires. Un profil déjà connu pour violences Le mis en cause n’en est pas à son premier incident. Selon le parquet, A. Ndao sortait récemment de deux années de détention préventive pour trafic de chanvre indien. Il aurait également été impliqué dans de précédentes altercations violentes avec d’autres codétenus. À la barre du Tribunal d’instance de Mbour, le 19 mars, il a tenté de nier les faits, avançant une version peu crédible : selon lui, la victime se serait elle-même infligé la blessure. Il reconnaît toutefois avoir porté un coup avec le téléphone récupéré, tout en rejetant toute préméditation. Une défense qui n’a pas convaincu le procureur, lequel a requis une peine de deux ans d’emprisonnement ferme, dénonçant un détenu récidiviste et dangereux. Verdict : deux ans ferme Suivant les réquisitions du parquet, le tribunal a reconnu A. Ndao coupable de coups et blessures volontaires ayant entraîné une ITT de quinze jours. Il a été condamné à deux ans de prison ferme. www.dakaractu.com
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