Le Temps
La RTS révèle que la Suisse a fait preuve de manquements à plusieurs échelles dans la gestion des laits infantiles contaminés à la toxine céréulide. Si bien que la responsabilité des fabricants apparaît désormais difficile à établir C’est l’effet boule de neige dans l’affaire des laits infantiles contaminés. Après les rappels de nombreux produits qui contenaient de la céréulide, une toxine provoquant des nausées et de forts vomissements, on apprend désormais que les autorités suisses ont fait preuve de négligence. Telle est la conclusion d’une enquête menée par la RTS . En Suisse, la céréulide ne fait l’objet d’aucune obligation d’annonces. Cela signifie qu’en cas de complication, les professionnels de santé ne sont pas tenus de faire remonter l’information. Conséquence, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) n’a eu connaissance que de 34 cas sur l’ensemble du pays, explique la RTS, dont 29 venant d’initiatives spontanées de parents. Lire aussi: Lait infantile: en Suisse, les signalements de bébés possiblement contaminés par la toxine céréulide se multiplient L’analyse des selles, élément déterminant Autre problème: contrairement à la France et la Belgique, également touchées par le scandale, aucune analyse de selles n’a été réalisée en Suisse. Cette démarche, indispensable pour prouver la cause de la contamination d’un bébé et, in fine , établir la responsabilité d’un fabricant, est du ressort de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Or celui-ci, indique la RTS, a sous-estimé la gravité de la situation, considérant qu’il s’agissait d’une simple intoxication alimentaire. L’OFSP a tout de même adressé un message d’information aux médecins cantonaux concernant la possibilité d’analyser les selles, mais trop tard – en février. Deux raisons à cette inertie: la Suisse ne disposant pas de compétences nécessaires, il faut passer par un laboratoire belge. Par ailleurs, les tests se révèlent onéreux (730 l’unité d’après la RTS), ce qui a poussé l’OFSP à encourager des analyses uniquement sur les cas graves, plus précisément les bébés en soins intensifs. Conclusion de l’enquête, la probabilité est grande de ne jamais pouvoir établir la responsabilité des fabricants. Lire aussi: Lait infantile contaminé: un fournisseur chinois de Nestlé dans le viseur La céréulide – produite par la bactérie Bacillus cereus – se trouvait dans l’huile d’acide arachidonique fournie par le groupe chinois Cabio Biotech. En Suisse, Nestlé, Danone et Hochdorf Swiss Nutrition ont rappelé plusieurs de leurs produits contaminés par cette toxine. Lire aussi: Les rappels de lait infantile plongent Nestlé dans une nouvelle crise majeure
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