«La dette c'est l'esclavage des plus jeunes»: François Bayrou appelle les retraités à accepter de faire un effort générationnel

«La dette c'est l'esclavage des plus jeunes»: François Bayrou appelle les retraités à accepter de faire un effort générationnel

Châlons-en-Champagne - «La dette c’est l’esclavage des plus jeunes": François Bayrou a de nouveau appelé vendredi les «boomers» - les retraités - à ne «pas se désintéresser de la situation faite aux jeunes» dans un plaidoyer en faveur de sa décision de demander la confiance de l’Assemblée nationale sur le désendettement du pays. La dette, «c’est une question pour les jeunes qui sont bloqués dans leur développement, dans leur projet de vie, dans leur carrière», a-t-il déclaré. «Et la démoralisation des plus jeunes, elle, est plus grave que toute autre démoralisation du pays», a plaidé le Premier ministre en marge de l’inauguration de la foire agricole de Châlons-en-Champagne. «Les jeunes ont bien le droit d'être respectés et soutenus au lieu d'être constamment ignorés et alourdis par des engagements qu’on a pris en leur nom sans leur demander leur avis», a-t-il insisté. Il est revenu sur les critiques exprimées sur TF1 contre «les boomers», responsables d’avoir endetté le pays «pour leur confort». «J’ai reçu énormément de messages de jeunes qui disaient pour la première fois: on a parlé de nous . Les générations du baby-boom, qui ont beaucoup fait marcher le pays, ne peuvent pas se désintéresser de la situation qui est faite aux jeunes Français», a-t-il jugé. Le plan de François Bayrou ciblait notamment les retraités par une année blanche sur la revalorisation des pensions et le remplacement par un forfait de l’abattement fiscal de 10% dont ils bénéficient. Le Premier ministre, qui engagera la responsabilité de son gouvernement le 8 septembre avec la très forte probabilité d'être renversé, est revenu sur la critique selon laquelle il dramatise la situation financière de la France. «Ni je ne déforme, ni je n’exagère, ni je ne dramatise (...) Le risque maximal, c’est de ne rien faire», a-t-il martelé alors que «la charge de la dette sera cette année à 67 milliards» d’euros et "à plus de 100 milliards en 2029 selon la Cour des comptes». Il a critiqué ceux qui, comme les socialistes, veulent réduire son objectif de 44 milliards d'économies l’année prochaine. «C’est la première marche qui nous permettra en quatre ans de revenir à ce seuil où la dette ne grandit plus», a-t-il justifié, estimant ce seuil à un peu moins de 3% de déficit public rapporté au Produit intérieur brut (PIB). © Agence France-Presse

Les syndicats appellent à une journée de manifestation le 18 septembre pour exiger un autre budget

Les syndicats appellent à une journée de manifestation le 18 septembre pour exiger un autre budget

Paris - L’ensemble des organisations syndicales a appelé vendredi à une journée de mobilisation massive le 18 septembre, pour exiger un budget de «justice sociale» et fiscale, que le gouvernement Bayrou soit encore en place à cette date ou non. Les chefs de file des confédérations CFDT, CGT, FO, CFE/CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires réunies au siège de la CFDT ont décidé, au bout de plus de deux heures et demie de réunion, d’organiser «une journée de mobilisation sur l’ensemble du territoire le 18 septembre, y compris par la grève et la manifestation». «Le musée des horreurs du projet de budget doit être abandonné», a déclaré la cheffe de file de la CFDT, Marylise Léon, lisant un communiqué conjoint devant la presse. «Les différentes mesures budgétaires avancées sont d’une brutalité sans précédent» avec notamment «la suppression de deux jours fériés, des coupes dans les services publics, la remise en cause du droit du travail, une énième réforme de l’assurance chômage», souligne le texte. Mais dix jours après le vote de confiance que demandera le Premier ministre, François Bayrou, à l’Assemblée nationale et qui pourrait bien le faire tomber, il n’est pas sûr que le pays ait un gouvernement et les syndicats un interlocuteur pour faire valoir leurs revendications. «Même si le gouvernement de François Bayrou ne demeure pas après le 8 septembre, il y aura de toute façon besoin d’un budget avec de la justice sociale et fiscale», a estimé Marylise Léon. «Augmenter les salaires» Devançant l’appel intersyndical, le syndicat majoritaire chez les contrôleurs aériens a appelé jeudi à une nouvelle grève, également le 18 septembre. Avant cela, la fédération Mines-Energie de la CGT a appelé à la grève à partir du 2 septembre, les taxis veulent mobiliser à compter du 5, tandis que FO a déposé un préavis de grève courant du 1er septembre au 30 septembre. Surtout, un mouvement disparate né sur les réseaux sociaux et les messageries, et rejoint dès le milieu de l'été par certaines branches et union départementales syndicales appelle à «tout bloquer» le 10 septembre. «Le 10 septembre, c’est une initiative citoyenne et donc évidemment que la CGT a décidé d’y prendre sa part en construisant la grève dans les entreprises», a expliqué vendredi sa secrétaire générale Sophie Binet. Elle avait toutefois émis il y a une semaine des craintes devant un possible «noyautage par l’extrême droite» de ce mouvement, auxquel ne participera pas la CFDT, ni la CFE-CGC, et dont le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, se tient "à distance». «Pour l’intersyndicale, aujourd’hui, le sujet, c'était de construire une grande journée de grève et de manifestation», a fait valoir Mme Binet. Le 18 septembre, «c’est un jeudi, c’est beaucoup plus favorable pour la mobilisation», a-t-elle estimé. «Nous voulons des augmentations de salaire, nous voulons l’abrogation de la réforme des retraites», a poursuivi Mme Binet. «On appellera nos équipes à se mobiliser pour le 18 septembre par la grève. Et moi, Force Ouvrière, je le dirai, à la grève reconductible», a indiqué pour sa part Frédéric Souillot. «Quand on cherche de l’argent, eh bien on commence à conditionner les aides publiques versées aux entreprises: 211 milliards d’euros», a-t-il souligné alors que le gouvernement cherche des moyens de réduire le poids de la dette publique. «Augmenter les salaires, ça fait augmenter les cotisations», permettant de rééquilibrer le budget, a-t-il argumenté. Dans «la fonction publique, le point d’indice bloqué, c’est 30% de perte de pouvoir d’achat en 30 ans à peu près», a dénoncé de son côté le président du syndicat de l’encadrement CFE-CGC François Hommeril. «Un couple d’enseignants en banlieue parisienne, ils sont à quelques encablures de la pauvreté. Mais comment est-ce qu’un État comme la France peut accepter ça ?», a-t-il lancé. Le leader de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a approuvé sur X l’initiative intersyndicale, jugeant que le mouvement du 10 septembre va s’inscrire «dans la durée». «Le mouvement septembriste va donc s’enraciner», a-t-il jugé. Boris CAMBRELENG © Agence France-Presse